Étymologie

  • Genre : Le nom Ribes provient de l’arabe médiéval rībās ou ribās, terme utilisé pour désigner des plantes à fruits acides, probablement des rhubarbes (Rheum spp.).
    • Ce mot a été latinisé au Moyen Âge, puis repris par les botanistes européens (notamment Tournefort et Linné) pour nommer les groseilliers et cassissiers.
    • Il s’agit donc d’un transfert de nom, assez fréquent dans l’histoire de la nomenclature, basé sur une analogie gustative (acidité).
  • Espèce : nigrum
    • Du latin niger, nigra, nigrum = « noir ».
    • Fait référence à la couleur sombre des baies, caractéristique majeure permettant de distinguer Ribes nigrum des autres groseilliers (R. rubrum, R. uva-crispa).

Ribes nigrum = « le groseillier aux fruits noirs ».

Symbolique

La symbolique du cassis est relativement tardive et régionale, davantage ancrée dans l’usage médicinal que dans la mythologie antique.

  • Symbolique populaire et médicinale
    • Vitalité et résistance : Liée à la richesse exceptionnelle des fruits en vitamine C et composés phénoliques.
    • Protection : Dans certaines traditions rurales d’Europe centrale et septentrionale, le cassissier était associé à la préservation de la santé et à la prévention des maladies hivernales.
    • Renouveau : En phytothérapie moderne, les bourgeons de cassis (gemmothérapie) symbolisent la stimulation, l’adaptation et la force vitale.

Histoire & usages

  • Usage médicinal ancien
    • Déjà connu au Moyen Âge, mais son usage reste secondaire par rapport à d’autres Ribes.
    • À partir du XVIᵉ siècle, il est utilisé dans les pharmacopées européennes :
      • feuilles (sudorifiques),
      • fruits (antiscorbutiques),
      • racines (plus rarement).
  • Essor aux XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècles
    • Forte diffusion en Europe centrale et en France.
    • À Dijon, au XVIIIᵉ siècle, le cassis devient un produit emblématique, donnant naissance à des liqueurs médicinales, ancêtres de la crème de cassis.
    • Le cassis est alors considéré comme une plante :
      • « réchauffante »,
      • « purifiante »,
      • bénéfique contre les fièvres et infections.
  • XIXᵉ–XXᵉ siècles : reconnaissance scientifique
    • Identification de sa teneur exceptionnelle en vitamine C (bien avant les agrumes).
    • Développement de la culture sélectionnée pour :
      • rendement,
      • calibre,
      • richesse aromatique.
    • Entrée dans la phytothérapie moderne et la gemmothérapie (bourgeons).
  • Histoire récente
    • Au XXᵉ siècle, la culture est interdite ou fortement limitée dans certains pays (États-Unis notamment), car Ribes spp. sont des hôtes intermédiaires de la rouille vésiculeuse du pin blanc (Cronartium ribicola).
    • Réintroduction progressive avec des cultivars résistants.

Bibliographie

VESCOLI, M., Calendrier celtique. Le signe de l'arbre, , Actes sud, 1996COUPLAN, F., STYNER, E., Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, , Delachaux et Niestlé, 1994LAIS, E., Jardin de sorcières. Le grand livre des plantes magiques, , Rustica éditions, 2003ABBAYE D'ORVAL, Jardin des plantes médicinales, , Abbaye d'Orval, 1975GERARD DUCERF, L'encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : VOL1, 2, 3, , Editions Promonature, 2010PRADES, N., PRADES, J.-B., Le grand livre des légumes oubliés, , Rustica éditions, 2006LIEUTAGHI, P., Le livre des bonnes herbes, , Actes sud, 1997COUPLAN, F., Le régal végétal, , Editions Sang de la Terre, 2009COUPLAN, F., Les plantes et leurs noms. Histoire insolites., , Edition Quae, 2012DEBUIGNE, G., COUPLAN, F., Petit LAROUSSE des plantes qui guérissent, , Edition LAROUSSE, 2006LANSKA, D., Plantes sauvages comestibles, , Gründ, 2001FLEISCHHAUER, S.G., GUTHMANN, J., SPIEGELBERGER, R., Plantes sauvages comestibles., , ULMER, 2012HUNAULT,I., Plantes sauvages comestibles., , ULMER, 2011PAUME, M.-C., Sauvages et comestibles. Herbes, fleurs et petites salades, , Edisud, 2005TEST-ACHAT, Se soigner par les plantes, , éditions de l'Association des consommateurs, 1981MULOT, M.-A., Secrets d'une herboriste. La Bible des plantes, 20° Editions, Editions du Dauphin, 2009PIERRE, M., TARAVELLA, P., LE LOUARN, M., Secrets et magie des herbes du jardin, , éditions du garde-temps, 2002