Les Vikings emportaient la barbarée commune (Barbarea vulgaris) sur leurs navires principalement pour deux raisons vitales lors de leurs longues expéditions : la prévention d'une maladie mortelle et le soin des blessures en mer.
Voici les détails de ces usages stratégiques :
La lutte contre le scorbut
Le scorbut était une maladie dévastatrice pour les marins, provoquant la perte des dents et empêchant la cicatrisation des plaies. Les capitaines vikings, bien qu'ils n'aient pas eu connaissance des molécules, avaient compris que cette plante les maintenait en bonne santé.
- Richesse exceptionnelle en Vitamine C : Les feuilles de barbarée contiennent jusqu'à 150 mg de vitamine C pour 100 g, soit presque trois fois plus que les oranges.
- Disponibilité hivernale : Contrairement à d'autres végétaux, la barbarée continue de pousser même en novembre et résiste à des gels allant jusqu'à -20°C. Cela permettait aux Vikings de récolter du vert frais juste avant ou pendant leurs voyages dans les eaux glacées.
Un désinfectant naturel pour les blessures
Sur les navires de guerre (langskips), les coupures et écorchures s'infectaient facilement, ce qui pouvait être fatal.
- Propriétés antiseptiques : La plante contient des glucosinolates (huiles de moutarde) qui possèdent des vertus désinfectantes et antibactériennes.
- Usage en cataplasme : Les Vikings écrasaient les feuilles fraîches pour les appliquer directement sur les plaies afin d'empêcher les infections. Cette capacité à agir comme un baume vulnéraire était cruciale pour la survie de l'équipage.
Apports nutritionnels pour la survie
Au-delà de la vitamine C, la barbarée offrait d'autres nutriments essentiels pour des hommes soumis à des conditions extrêmes :
- Vision et immunité : Elle est extrêmement riche en vitamine A (sous forme de bêta-carotène), en contenant même davantage que les carottes. Cette vitamine est indispensable pour la vision, la santé de la peau et le renforcement du système immunitaire face aux infections.
- Stockage intentionnel : Des découvertes archéobotaniques dans des colonies vikings (en Islande, au Groenland et jusqu'à Terre-Neuve) ont révélé la présence de graines de barbarée à côté des céréales, prouvant qu'il s'agissait d'une mise en réserve consciente pour leurs voyages.
Pour les Vikings, la barbarée était comme une « pharmacie de secours » vivante : elle servait à la fois de bouclier interne contre les carences et de trousse de premiers soins externe pour soigner les blessures de combat ou de mer.
Source : Barbarea vulgaris – Wächst in Ihrem Garten und heilt seit 1000 Jahren