Étymologie

  • Nom scientifique : Chenopodium vulvaria
    • Chenopodium : du grec "chen" (χήν = oie) et "pous, podos" (πούς, ποδός = pied), signifiant littéralement "pied d’oie", en référence à la forme des feuilles de certaines espèces du genre.
    • Vulvaria : dérivé du latin "vulva", probablement en référence à l’odeur fétide que dégage la plante, rappelant à certains auteurs anciens des effluves corporels (vaginaux), d'où l'association du terme.
  • Nom français : ansérine fétide
    • Ansérine : dérivé du latin anser (oie), renvoyant encore au thème de l’oie.
    • Fétide : qualifie l’odeur nauséabonde spécifique de cette espèce.

Symbologie

Bien que Chenopodium vulvaria ne soit pas richement dotée de symbolisme dans la tradition populaire (contrairement à des plantes comme la rose ou la mandragore), elle porte certains éléments intéressants :

  • Marginalité : Son odeur désagréable et son habitat souvent perturbé (lisières, ruines, lieux riches en nitrates) lui confèrent une image de plante marginale, voire "mal-aimée".
  • Thérapeutique "bas-ventre" : Historiquement, certaines espèces de Chenopodium ont été utilisées dans la médecine populaire pour des affections gynécologiques, ce qui pourrait avoir influencé son nom spécifique vulvaria.
  • Transgression olfactive : Dans un sens symbolique, l'odeur "malsaine" de la plante l’associe à la rupture des normes hygiéniques et sociales — ce qui l’a rendue intéressante pour les auteurs satiriques ou dans les pratiques de sorcellerie.

Histoire et usages

  • Répartition et habitat
    • Originaire des régions méditerranéennes, mais s'est propagée dans toute l'Europe. Aujourd'hui, elle est en régression dans de nombreux pays, souvent considérée comme une plante relicte de pratiques agricoles anciennes (fumiers, cultures maraîchères).
  • Usages historiques
    • Médecine traditionnelle : Certaines sources mentionnent des usages pour des problèmes digestifs ou comme vermifuge, à l’instar d'autres Chenopodium.
    • Aucun usage alimentaire courant, contrairement à Chenopodium album (le chénopode blanc ou "ansérine") qui est comestible.
    • Empiriquement utilisée pour repousser certains insectes ou animaux (odeur forte).
  • Rareté contemporaine
    • En forte régression, elle est désormais classée comme espèce vulnérable ou menacée dans plusieurs pays européens. Elle est parfois cultivée en jardin botanique pour sa rareté.

Bibliographie

VESCOLI, M., Calendrier celtique. Le signe de l'arbre, , Actes sud, 1996COUPLAN, F., STYNER, E., Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, , Delachaux et Niestlé, 1994LAIS, E., Jardin de sorcières. Le grand livre des plantes magiques, , Rustica éditions, 2003ABBAYE D'ORVAL, Jardin des plantes médicinales, , Abbaye d'Orval, 1975GERARD DUCERF, L'encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : VOL1, 2, 3, , Editions Promonature, 2010PRADES, N., PRADES, J.-B., Le grand livre des légumes oubliés, , Rustica éditions, 2006LIEUTAGHI, P., Le livre des bonnes herbes, , Actes sud, 1997COUPLAN, F., Le régal végétal, , Editions Sang de la Terre, 2009COUPLAN, F., Les plantes et leurs noms. Histoire insolites., , Edition Quae, 2012DEBUIGNE, G., COUPLAN, F., Petit LAROUSSE des plantes qui guérissent, , Edition LAROUSSE, 2006LANSKA, D., Plantes sauvages comestibles, , Gründ, 2001FLEISCHHAUER, S.G., GUTHMANN, J., SPIEGELBERGER, R., Plantes sauvages comestibles., , ULMER, 2012HUNAULT,I., Plantes sauvages comestibles., , ULMER, 2011PAUME, M.-C., Sauvages et comestibles. Herbes, fleurs et petites salades, , Edisud, 2005TEST-ACHAT, Se soigner par les plantes, , éditions de l'Association des consommateurs, 1981MULOT, M.-A., Secrets d'une herboriste. La Bible des plantes, 20° Editions, Editions du Dauphin, 2009PIERRE, M., TARAVELLA, P., LE LOUARN, M., Secrets et magie des herbes du jardin, , éditions du garde-temps, 2002