Étymologie

  • Genre : Du grec ancien hyperikon (ὑπερικόν) :
    • hyper (ὑπέρ) = "au-dessus"
    • eikon (εἰκών) = "image", "apparence"

→ Référence ancienne à une plante utilisée contre les mauvais esprits, placée au-dessus d'images religieuses pour conjurer le mal.

  • Espèce : Du grec andros (ἀνδρός) = "homme" + haima (αἷμα) = "sang"
    → Littéralement "sang d'homme" : allusion au jus rouge que produit le fruit mûr ou les tissus écrasés de la plante.

Symbologie

Hypericum androsaemum partage certains éléments symboliques avec les autres millepertuis, en particulier Hypericum perforatum :

  • Plante de la Saint-Jean : cueillie autour du solstice d'été, elle est associée au feu purificateur, à la lumière, et à la protection.
  • Symbole de protection : censée chasser les démons et les esprits, utilisée en fumigation ou suspendue dans les maisons.
  • Sang et martyre : son jus rouge a été associé au sang des martyrs chrétiens, en particulier à Saint Jean-Baptiste.

En revanche, H. androsaemum, avec ses baies rouges puis noires, est parfois vu comme un symbole de transformation, de la vie à la mort, du visible à l'invisible.

Histoire et usages

  • Antiquité : peu de traces spécifiques de H. androsaemum chez les auteurs antiques, contrairement à H. perforatum.
  • Moyen Âge et Renaissance :
    • Employé dans les préparations médicinales pour ses propriétés vulnéraires et antidépressives (comme les autres millepertuis).
    • On le retrouve dans certains herbiers comme De Materia Medica ou des manuscrits monastiques.
  • Médecine traditionnelle :
    • Utilisé comme hémostatique (liés à son jus rouge sang).
    • Infusions ou teintures pour traiter les blessures, les douleurs, et la mélancolie.
  • Jardinage et ornement : apprécié pour ses baies décoratives, introduit dans les jardins dès le XVIIIe siècle, parfois naturalisé.

Bibliographie

VESCOLI, M., Calendrier celtique. Le signe de l'arbre, , Actes sud, 1996COUPLAN, F., STYNER, E., Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, , Delachaux et Niestlé, 1994LAIS, E., Jardin de sorcières. Le grand livre des plantes magiques, , Rustica éditions, 2003ABBAYE D'ORVAL, Jardin des plantes médicinales, , Abbaye d'Orval, 1975GERARD DUCERF, L'encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : VOL1, 2, 3, , Editions Promonature, 2010PRADES, N., PRADES, J.-B., Le grand livre des légumes oubliés, , Rustica éditions, 2006LIEUTAGHI, P., Le livre des bonnes herbes, , Actes sud, 1997COUPLAN, F., Le régal végétal, , Editions Sang de la Terre, 2009COUPLAN, F., Les plantes et leurs noms. Histoire insolites., , Edition Quae, 2012DEBUIGNE, G., COUPLAN, F., Petit LAROUSSE des plantes qui guérissent, , Edition LAROUSSE, 2006LANSKA, D., Plantes sauvages comestibles, , Gründ, 2001FLEISCHHAUER, S.G., GUTHMANN, J., SPIEGELBERGER, R., Plantes sauvages comestibles., , ULMER, 2012HUNAULT,I., Plantes sauvages comestibles., , ULMER, 2011PAUME, M.-C., Sauvages et comestibles. Herbes, fleurs et petites salades, , Edisud, 2005TEST-ACHAT, Se soigner par les plantes, , éditions de l'Association des consommateurs, 1981MULOT, M.-A., Secrets d'une herboriste. La Bible des plantes, 20° Editions, Editions du Dauphin, 2009PIERRE, M., TARAVELLA, P., LE LOUARN, M., Secrets et magie des herbes du jardin, , éditions du garde-temps, 2002