Étymologie

  • Lactuca : du latin lac, lactis = « lait », en référence au latex blanc laiteux qui s’écoule de la plante lorsqu’on la coupe.
  • serriola : diminutif de serra (« scie »), en rapport avec les feuilles profondément dentées et piquantes sur les bords, ressemblant à une lame dentelée.

Nom français « scariole » vient du latin médiéval scariola, diminutif de scarion (issu du grec skarion), qui désignait une chicorée sauvage comestible.

Symbologie

  • Plante solaire : par son port dressé, sa tendance à s’orienter nord-sud (héliotropisme foliaire), elle est parfois associée au soleil et à l’ordre cosmique.
  • Latex amer : symbole d’amertume, de douleur, mais aussi de purification.
  • Sommeil et rêves : comme d’autres laitues, elle était considérée dans l’Antiquité comme une plante favorisant le sommeil, la tranquillité, parfois liée au monde des morts.
  • Fertilité et sexualité : paradoxalement, dans la tradition gréco-romaine, la laitue est liée à Aphrodite/Vénus mais aussi à Priape, en raison de sa sève blanche assimilée à une image de semence — elle a pu symboliser à la fois la fécondité et la chasteté.
  • Symbolisme chrétien : la laitue sauvage, amère, pouvait symboliser l’austérité, l’amertume de la vie terrestre, mais aussi la purification du corps.

Histoire & Usages

  • Antiquité :
    • Déjà connue des Égyptiens et Grecs comme plante médicinale et alimentaire.
    • Hippocrate et Dioscoride la mentionnent comme calmante, analgésique, favorisant le sommeil.
    • Dans la religion égyptienne, la laitue était associée au dieu Min (dieu de la fertilité).
  • Moyen Âge :
    • Utilisée dans les jardins de simples des monastères, comme plante rafraîchissante et sédative.
    • Employée contre l’insomnie, l’agitation, les troubles nerveux.
  • Époque moderne :
    • On la distingue clairement de la laitue cultivée (Lactuca sativa), dont elle est l’ancêtre sauvage.
    • Le latex séché (lactucarium) a été utilisé au XIXᵉ siècle comme substitut à l’opium, d’où le nom populaire de « laitue opium ».
  • Aujourd’hui :
    • Considérée comme plante adventice commune des terrains vagues, champs et bords de route.
    • Encore étudiée pour ses propriétés médicinales (effets sédatifs légers, antitussifs, analgésiques).

Bibliographie

VESCOLI, M., Calendrier celtique. Le signe de l'arbre, , Actes sud, 1996COUPLAN, F., STYNER, E., Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, , Delachaux et Niestlé, 1994LAIS, E., Jardin de sorcières. Le grand livre des plantes magiques, , Rustica éditions, 2003ABBAYE D'ORVAL, Jardin des plantes médicinales, , Abbaye d'Orval, 1975GERARD DUCERF, L'encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : VOL1, 2, 3, , Editions Promonature, 2010PRADES, N., PRADES, J.-B., Le grand livre des légumes oubliés, , Rustica éditions, 2006LIEUTAGHI, P., Le livre des bonnes herbes, , Actes sud, 1997COUPLAN, F., Le régal végétal, , Editions Sang de la Terre, 2009COUPLAN, F., Les plantes et leurs noms. Histoire insolites., , Edition Quae, 2012DEBUIGNE, G., COUPLAN, F., Petit LAROUSSE des plantes qui guérissent, , Edition LAROUSSE, 2006LANSKA, D., Plantes sauvages comestibles, , Gründ, 2001FLEISCHHAUER, S.G., GUTHMANN, J., SPIEGELBERGER, R., Plantes sauvages comestibles., , ULMER, 2012HUNAULT,I., Plantes sauvages comestibles., , ULMER, 2011PAUME, M.-C., Sauvages et comestibles. Herbes, fleurs et petites salades, , Edisud, 2005TEST-ACHAT, Se soigner par les plantes, , éditions de l'Association des consommateurs, 1981MULOT, M.-A., Secrets d'une herboriste. La Bible des plantes, 20° Editions, Editions du Dauphin, 2009PIERRE, M., TARAVELLA, P., LE LOUARN, M., Secrets et magie des herbes du jardin, , éditions du garde-temps, 2002