Étymologie

  • Genre Lathyrus : vient du grec ancien lathyros (λάθυρος), qui désignait une sorte de pois sauvage ou de vesce. Certains auteurs antiques (comme Théophraste) emploient ce terme pour des plantes à graines comestibles mais un peu amères.
  • Espèce pratensis : du latin pratensis, « des prés », indiquant son habitat privilégié, les prairies.

Nom vernaculaire : « gesse des prés ». Le mot « gesse » vient du latin gesca ou gescha, issu probablement d’une racine préceltique désignant les légumineuses de prairie.

Symbologie

La gesse des prés n’est pas la plus couramment représentée dans la symbolique florale (contrairement au pois de senteur, Lathyrus odoratus), mais on peut dégager quelques associations :

  • Famille des Fabaceae (légumineuses) : souvent symbole de fertilité, régénération et lien social (par leur capacité à enrichir le sol en azote et à nourrir hommes et animaux).
  • Fleurs papilionacées jaunes : le jaune est traditionnellement lié à la joie simple, la lumière solaire, la vivacité.
  • Dans le langage floral romantique du XIXᵉ siècle, les gesses en général (notamment les pois de senteur) symbolisaient la délivrance d’une promesse, ou encore un souvenir agréable. On peut supposer que Lathyrus pratensis, plus modeste, s’associe à la fidélité champêtre et à la simplicité rustique.
  • Sa floraison en été dans les prairies lui confère une image de constance saisonnière, marquant les paysages ouverts et ensoleillés.

Histoire et usages

  • Antiquité et Moyen Âge :
    • Certaines espèces du genre Lathyrus étaient consommées (farine des graines), mais certaines contiennent des alcaloïdes neurotoxiques provoquant le lathyrisme en cas de consommation excessive (surtout Lathyrus sativus). L. pratensis ne fut donc jamais une plante alimentaire majeure.
    • Dans les campagnes, on connaissait surtout son rôle fourrager : elle est consommée par le bétail (notamment bovins et chevaux), bien que moins productive que d’autres légumineuses fourragères.
  • Agronomie traditionnelle :
    • Comme toutes les Fabaceae, Lathyrus pratensis fixe l’azote grâce à ses bactéries symbiotiques, ce qui améliore la fertilité des sols de prairie.
  • Culture et perception populaire :
    • C’est une plante de prairies mésophiles et bordures champêtres : elle est associée dans l’imaginaire paysan aux pâtures d’été et aux foins.
    • Elle fait partie de la biodiversité utile aux pollinisateurs (abeilles, bourdons).

Bibliographie

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