Étymologie
Genre : Le nom vient du grec ancien ὄνος (ónos) = « âne » et ὠνίνημι (ōnínēmi) = « je profite, je fais du bien ».
→ Ononis signifie littéralement « qui fait du bien à l’âne » ou « herbe que l’âne apprécie », car ces animaux broutaient volontiers cette plante.
Espèce : Du latin repens, participe présent de repere = « ramper », « se répandre au ras du sol », en référence à son port traçant et étalé.
Ainsi, Ononis repens = la bugrane rampante, c’est-à-dire une plante traçante appréciée des ânes.
Symbologie
La bugrane, comme sa cousine Ononis spinosa (bugrane épineuse ou arrête-bœuf), est réputée pour sa racine dure et résistante, difficile à arracher.
→ Elle symbolise la tenacité, la force tranquille et la résilience face à l’adversité.
Dans le folklore rural européen, la bugrane (surtout l’espèce épineuse) était parfois considérée comme plante protectrice des troupeaux et des labours, car ses racines empêchaient les bœufs d’avancer — d’où le nom populaire arrête-bœuf.
→ Elle incarnait ainsi la barrière naturelle contre le malheur ou les esprits malveillants.
Utilisée depuis le Moyen Âge comme plante diurétique et dépurative, elle symbolise la purification du corps et de l’esprit, la nettoyage intérieur, et parfois la modération (par son effet calmant sur les excès corporels).
Histoire et usages
Antiquité : Dioscoride et Pline l’Ancien mentionnent déjà des plantes proches de l’Ononis dans leurs écrits, utilisées pour soulager les douleurs rénales et urinaires.
Moyen Âge : Elle figure dans plusieurs herbiers médiévaux sous les noms latins Ononis, Rest-harrow (en anglais) ou Arrête-bœuf, à cause de sa racine ligneuse qui freinait les charrues.
→ C’était une plante du laboureur, signe de terre travaillée et de résistance agricole.
Renaissance : Très utilisée dans la pharmacopée populaire : décoctions de racine comme diurétique, anti-goutteuse et contre les calculs urinaires.
Parfois appelée herba salutaris dans les herbiers latins.
Époque moderne : En phytothérapie contemporaine, Ononis repens (souvent confondue avec O. spinosa) reste employée comme plante dépurative, en association avec le pissenlit ou la reine-des-prés.
Bibliographie