Étymologie

  • Le genre Orobanche provient du grec ancien ὄρος (óros) = montagne et ἄγχω (ánkhō) = étrangler, étouffer.
    • → Littéralement : « celle qui étrangle la montagne », ou plus précisément « la plante qui étrangle ».
    • Ce nom fait référence au parasitisme de la plante, qui puise toute sa subsistance sur d’autres végétaux, souvent jusqu’à les affaiblir.
    • Le terme est ancien : Théophraste et Dioscoride employaient déjà « orobanche » pour désigner des plantes parasites dépourvues de chlorophylle.
  • L'espèce teucrii provient du botanique Teucrium, le germandrée, plante hôte typique de cette orobanche.
    • Le nom Teucrium vient du roi Teucer (Teucros en grec), héros mythologique fondateur légendaire de Troie ou roi de Troade.

→ Ainsi, Orobanche teucrii signifie littéralement :
« l’orobanche du Teucrium », ou « la plante parasite du germandrée ».

Symbologie

  • Les orobanches, plantes sans chlorophylle et totalement dépendantes de leurs hôtes, symbolisent :
    • La dépendance, voire la symbiose forcée ou vampirique dans la nature.
    • L’ombre et le secret : elles vivent souvent cachées, sans feuillage vert, se nourrissant sous terre.
    • La transformation ou l’adaptation radicale : survivre en renonçant à la photosynthèse.
  • Dans le langage symbolique des plantes :
    • Les orobanches représentent aussi l’exploitation ou l’attachement parasitaire, à la fois fascinant et inquiétant.
    • En alchimie végétale, elles peuvent incarner le principe lunaire, l’être qui vit de la lumière des autres.
  • Symbole particulier de Orobanche teucrii
    • Par son lien exclusif au Teucrium, plante médicinale (germandrée) réputée pour ses vertus toniques et amères, O. teucrii peut symboliser :
      • La dépendance du faible au fort, ou l’ombre du remède (le parasite du guérisseur).
      • L’ambivalence des forces vitales, où la santé et la maladie s’enracinent dans la même terre.

Histoire et usages​

  • Les orobanches étaient parfois vues comme des “plantes fantômes”, surgissant soudainement près de leurs hôtes sans qu’on voie de lien apparent.
  • En herboristerie ancienne, elles furent rarement utilisées, souvent tenues pour stériles ou inutiles, voire de mauvais augure — car elles « volent la vie » à d’autres plantes utiles.

Bibliographie

VESCOLI, M., Calendrier celtique. Le signe de l'arbre, , Actes sud, 1996COUPLAN, F., STYNER, E., Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, , Delachaux et Niestlé, 1994LAIS, E., Jardin de sorcières. Le grand livre des plantes magiques, , Rustica éditions, 2003ABBAYE D'ORVAL, Jardin des plantes médicinales, , Abbaye d'Orval, 1975GERARD DUCERF, L'encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : VOL1, 2, 3, , Editions Promonature, 2010PRADES, N., PRADES, J.-B., Le grand livre des légumes oubliés, , Rustica éditions, 2006LIEUTAGHI, P., Le livre des bonnes herbes, , Actes sud, 1997COUPLAN, F., Le régal végétal, , Editions Sang de la Terre, 2009COUPLAN, F., Les plantes et leurs noms. Histoire insolites., , Edition Quae, 2012DEBUIGNE, G., COUPLAN, F., Petit LAROUSSE des plantes qui guérissent, , Edition LAROUSSE, 2006LANSKA, D., Plantes sauvages comestibles, , Gründ, 2001FLEISCHHAUER, S.G., GUTHMANN, J., SPIEGELBERGER, R., Plantes sauvages comestibles., , ULMER, 2012HUNAULT,I., Plantes sauvages comestibles., , ULMER, 2011PAUME, M.-C., Sauvages et comestibles. Herbes, fleurs et petites salades, , Edisud, 2005TEST-ACHAT, Se soigner par les plantes, , éditions de l'Association des consommateurs, 1981MULOT, M.-A., Secrets d'une herboriste. La Bible des plantes, 20° Editions, Editions du Dauphin, 2009PIERRE, M., TARAVELLA, P., LE LOUARN, M., Secrets et magie des herbes du jardin, , éditions du garde-temps, 2002