Du grec φυσᾶν (physân) = « souffler », ou φυσαλίς (physalis) = « vessie, bulle, cloque ».
Allusion directe au calice infléchi et gonflé en lanterne, qui enveloppe le fruit comme une petite bulle.
Nom spécifique : alkekengi
D’origine arabe : الـكـاكـنـج (al-kākanj).
Le mot a été transmis par les médecins arabo-persans du Moyen Âge (surtout Avicenne) et latinisé dans les textes médicaux en alkekengi.
Le terme désignait déjà plusieurs plantes porteuses de petites baies médicinales ; c’est ensuite cette espèce qui a conservé le nom.
Noms vernaculaires
Amour en cage : image poétique du fruit rouge enfermé dans son calice ajouré.
Lanterne chinoise : référence au calice rouge-orangé semblable aux lanternes orientales.
Parfois coqueret, cerise d’hiver, clochette d’amour, etc.
Symbologie
Symbolisme traditionnel
Amour protégé ou amour prisonnier : le fruit rouge évoque un cœur enfermé dans une cage délicate.
Fragilité de la vie : le réseau du calice qui se lace en squelette symbolise la brièveté des choses.
Lumière intérieure : dans les cultures où les lanternes sont symboliques (extrême-orient, Asie centrale), on l’a parfois associée à la lumière qui persiste en hiver.
Dans l’iconographie occidentale
Utilisée dans les natures mortes du XVIIᵉ siècle (Flandres, Pays-Bas) comme motif de vanité : beauté éphémère, déclin, passage du temps.
Le calice réséqué en « dentelle » est souvent placé à côté de coquillages, fruits mûrs, chandelles éteintes.
Dans le langage des fleurs
Signifie transparence des sentiments, mais aussi secret ou « cœur caché ».
Histoire & Usages
Moyen Âge et Renaissance
Mentionnée dans les pharmacopées gréco-arabes.
Utilisée par les médecins arabes (Avicenne, Rhazès) pour ses vertus : diurétique, fébrifuge, traitement des affections urinaires.
Cultivée dans les jardins monastiques médiévaux (Capitulare de Villis et textes plus tardifs).
Période moderne
Très appréciée dans les jardins d’agrément pour la couleur vive et la résistance hivernale de ses « lanternes ».
Parfois consommée à l’état de fruit mûr (proche des physalis alimentaires), mais la plante contient des solanines : seule la baie entièrement mûre est comestible, les autres parties étant toxiques.
Horticulture et diffusion
Sélection de variétés à lanternes plus grosses et plus nombreuses.
La forme sauvage reste fréquente en zones fraîches, calcaires, lisières, décombres, sols nitrifiés.
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