Étymologie

Le nom Cirsium oleraceum provient du grec ancien et du latin :

  • Cirsium : dérive du grec kirsos (κιρσός), signifiant "varice". Les anciens Grecs utilisaient des plantes de ce genre pour traiter les varices et autres troubles vasculaires.
  • Oleraceum : signifie "comestible" ou "relatif aux légumes" en latin (olus, légume + -aceum, suffixe adjectival), indiquant que cette plante était autrefois utilisée comme aliment.

Symbologie

Le Cirsium, comme les autres chardons, est un symbole ambivalent :

  • Résilience et défense : Les chardons, avec leurs piquants, symbolisent la protection, la défense contre les agressions.
  • Protection spirituelle : Dans certaines traditions européennes, on considérait le chardon comme protecteur contre les forces du mal.
  • Fertilité sauvage : En raison de sa croissance vigoureuse dans les zones humides et perturbées, Cirsium oleraceum peut être vu comme un symbole de nature indomptée.

Cependant, Cirsium oleraceum est moins emblématique que le chardon écossais (Onopordum acanthium ou Cirsium vulgare), emblème de l'Écosse.

Histoire et usage

  • Utilisation ethnobotanique :
    • Contrairement à d'autres espèces du genre, C. oleraceum est peu piquant, ce qui explique son nom "oleraceum". Dans certaines régions, ses jeunes feuilles auraient été consommées cuites comme légume sauvage, bien que cela reste marginal.
    • Il était également utilisé dans certaines médecines populaires pour ses propriétés astringentes et anti-inflammatoires.
  • Évolution historique :
    • Autrefois plus commun, le drainage des zones humides a réduit ses habitats naturels.
    • Il est parfois protégé localement en raison de sa raréfaction dans certaines régions.

Propriétés gustatives :

  • Saveur douce et agréable : Les jeunes feuilles et les tiges ont une saveur douce, légèrement herbacée, qui rappelle parfois l'artichaut ou le cardon.
  • Texture tendre : Les jeunes pousses et les feuilles tendres sont plus savoureuses et faciles à préparer. Les parties plus âgées peuvent devenir fibreuses.
  • Parties comestibles :
    • Les feuilles et jeunes pousses : Elles peuvent être consommées crues ou cuites tant qu'elles sont tendres, idéalement avant la floraison. Cuites, elles sont souvent préparées à la manière des épinards, d'où l'un de ses noms vernaculaires. Dans leur stade juvénile, les feuilles sont jugées inoffensives et très savoureuses.
    • Les tiges : Tant qu'elles restent souples (avant la floraison), les tiges peuvent être pelées et transformées pour être consommées.
    • Le réceptacle floral (fond de fleur) : Une fois débarrassé de ses inflorescences, le fond de la fleur est comestible. Son goût rappelle celui de l'artichaut, bien que sa préparation soit jugée fastidieuse et longue en raison de la petite taille des capitules. Ils peuvent également être conservés dans du vinaigre.
    • Les racines : Elles sont particulièrement riches en inuline, un sucre bien toléré par les diabétiques9. Elles se récoltent à l'automne ou en hiver. Fraîches, elles se consomment cuites ou rôties au four. Séchées et moulues, elles servaient autrefois de farine de secours pour enrichir ou couper la farine de céréales lors de la fabrication du pain.

Recettes avec le Cirsium oleraceum :

  • Salade de jeunes feuilles :
    • Ingrédients : Jeunes feuilles de cirse, huile d'olive, jus de citron, sel, poivre, graines (tournesol ou courge).
    • Préparation : Lavez et hachez finement les feuilles, mélangez avec les assaisonnements et les graines pour un plat simple et nutritif.
  • Soupe aux tiges et feuilles :
    • Ingrédients : Tiges et feuilles de cirse pelées, pommes de terre, oignon, bouillon de légumes, crème fraîche (optionnelle).
    • Préparation : Faites revenir l'oignon, ajoutez les tiges et les feuilles coupées en morceaux, ainsi que les pommes de terre. Couvrez de bouillon et laissez mijoter jusqu’à tendreté. Mixez et ajoutez un filet de crème pour une texture veloutée.
  • Tiges sautées au beurre :
    • Ingrédients : Tiges de cirse pelées, beurre, ail, sel, poivre.
    • Préparation : Coupez les tiges en morceaux après les avoir pelées, puis faites-les revenir dans une poêle avec du beurre et de l’ail jusqu’à ce qu’elles soient tendres et légèrement dorées.
  • Gratin de bourgeons floraux :
    • Ingrédients : Bourgeons floraux de cirse, fromage râpé, béchamel, sel, poivre.
    • Préparation : Faites cuire les bourgeons à l'eau bouillante salée. Égouttez, disposez dans un plat à gratin, nappez de béchamel, saupoudrez de fromage et faites gratiner au four.

Précautions :

  • Récolte : Cueillir les jeunes parties avant la floraison, car les feuilles et les tiges deviennent plus coriaces et amères avec le temps.
  • Identification : Bien s'assurer de l'identification de la plante pour éviter toute confusion avec des espèces toxiques.
  • Allergies : Comme toutes les Astéracées, le cirse peut provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes sensibles.

Propriétés médicinales

 
Bien que son usage en médecine populaire soit parfois jugé moins puissant que d'autres plantes, le cirse maraîcher possède des composants actifs intéressants comme des tanins, des flavonoïdes, des huiles essentielles et quelques alcaloïdes.
  • Troubles métaboliques et douleurs : La racine et les infusions de la plante sont traditionnellement utilisées pour traiter les douleurs liées au métabolisme, notamment la goutte et les rhumatismes.
  • Digestion : Un apport de cirse maraîcher sous forme d'infusion chaude peut aider en cas de digestion lente ou de faiblesse digestive.
  • Action antispasmodique et apaisante : La plante est réputée pour ses effets calmants sur les crampes musculaires et les maux de dents.
  • Maux de tête : Son usage est également mentionné pour soulager les céphalées.
  • Effet fortifiant : De manière générale, elle est considérée comme une plante tonique capable de fortifier l'ensemble du métabolisme et de l'organisme.

Bibliographie

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