Myosotis : du grec myos (« souris ») et otis (« oreille »), littéralement « oreille de souris », en référence à la forme douce et arrondie des feuilles.
scorpioides : du latin scorpioides, « en forme de queue de scorpion », parce que l’inflorescence en crosse rappelle la queue recourbée d’un scorpion.
Symbologie
Le myosotis est une fleur très riche en symboles en Europe.
Mémoire et fidélité : depuis le Moyen Âge, il est associé à l’idée de se souvenir de l’absent. D’où son nom vernaculaire : ne m’oubliez pas (forget-me-not en anglais, Vergissmeinnicht en allemand).
Amour et fidélité éternelle : souvent échangé comme gage amoureux.
Mélancolie et souvenir des morts : utilisé dans les poésies romantiques et funéraires.
Symbole maçonnique : adopté par la franc-maçonnerie allemande en 1926, puis repris clandestinement pendant le régime nazi comme signe de reconnaissance discret.
Symbole politique et mémoriel : en Allemagne et Autriche, il est associé à la mémoire des déportés ; en Arménie, depuis 2015, il symbolise la mémoire du génocide arménien.
Histoire
Antiquité : le nom grec myosotis désignait déjà une petite plante aux feuilles duveteuses.
Moyen Âge : la légende raconte qu’un chevalier cueillant la fleur pour sa dame tomba dans un fleuve ; emporté par le courant, il lança la fleur en criant « Ne m’oubliez pas ! ». D’où le nom populaire.
Époque moderne : le myosotis devient une fleur ornementale cultivée dans les jardins à partir du XVIᵉ siècle.
XIXᵉ siècle : emblème romantique, très présent dans la poésie allemande et française (Heine, Chamisso, Nerval).
XXᵉ siècle : au-delà de la symbolique amoureuse, il devient un symbole politique et mémoriel (résistance maçonnique, mémoire des victimes de guerre et des génocides).
Bibliographie
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